Témoignages (suite)

Alain-Claude Desforges, Stagiaire en 1977
Associé et coordonnateur de la section Droit administratif

Je suis entré au cabinet à titre de stagiaire le 4 avril 1977.  C’était facilement une date mémorable et elle l’est demeurée, malgré le passage des années.

Le cabinet comptait alors une vingtaine d’avocats particulièrement engagés dans le domaine du droit municipal, Me Jacques Viau étant à l’époque l’avocat le plus en vue dans ce domaine, Me Marcel Bélanger également, mais dans les affaires liées à l’expropriation et l’évaluation foncière.  Nous disposions également d’un groupe très significatif dans le domaine du contentieux civil où nous représentions des assurances et le droit du travail commençait à être un fer de lance de la pratique du cabinet.

J’ai eu le bénéfice, dès les premières semaines, de travailler avec les regrettés Me Viau et Me Bélanger, l’honorable Pierre Pinard, j.c.s., maintenant juge à la retraite, et d’autres excellents confrères dont la pratique était de très haut niveau.  J’ai été également appelé à collaborer avec Me Yvon Denault, une figure de proue dans le domaine du droit municipal et toujours membre du cabinet.

Pour un stagiaire, ces expériences d’entrée de jeu se sont avérées extrêmement enrichissantes par la qualité des mandats, l’intérêt des questions soulevées et l’ouverture dont les avocats du cabinet faisaient preuve envers les stagiaires, dont moi-même.

Ils étaient accessibles, comprenaient les limites des connaissances que j’avais pu acquérir et étaient évidemment de bon conseil sur la qualification des questions juridiques et les objectifs et contraintes des dossiers confiés.

Cette ouverture, j’ai toujours considéré qu’elle s’était avérée extrêmement profitable et au fil des années, alors que j’ai assumé un rôle actif dans le comité d’engagement chargé de procéder au choix des stagiaires ou des jeunes avocats, le cabinet et moi-même avons toujours recherché des candidats d’excellence et assuré ceux choisis de l’ouverture des membres du cabinet à leurs interrogations.  Le cabinet n’a jamais eu pour politique celle de « la porte close », bien au contraire.  Il était loisible et encouragé d’interpeller les avocats d’expérience pour valider des approches et les solutions atteintes : les discussions étaient on ne peut plus respectueuses et on ne peut plus éclairantes.

Ces valeurs, à titre de mentor à quelques occasions, je m’y suis attaché puisqu’elles s’étaient avérées extrêmement bénéfiques pour ma progression professionnelle et je peux affirmer qu’elles ont encore cours aujourd’hui.  Les stagiaires peuvent compter sur la collaboration de toutes et tous, quelque soit l’âge de l’interlocuteur ou son expérience.  Aussi important, le cabinet s’est toujours assuré que les stagiaires étaient encadrés de façon à exécuter un travail efficace et conséquent avec les questions soulevées.  De la même façon, nous nous sommes toujours assurés que les stagiaires étaient encouragés à travailler en équipe.  Nous avons toujours fait en sorte qu’il ne s’installe aucune concurrence entre les stagiaires, qu’ils puissent exécuter leurs mandats sans constamment s’interroger sur la quantité ou la qualité des mandats confiés à d’autres et des préférences qui auraient pu exister de la part de certains avocats auprès de stagiaires.

Cet esprit d’équipe prévaut toujours et fait en sorte que les stagiaires bénéficient non seulement des expériences qu’ils vivent mais également apprennent de l’expérience des autres stagiaires puisqu’ils sont en mesure d’échanger de façon constante et sans calcul sur les questions qui leur sont soumises.

Au cours des années, j’ai croisé d’anciens stagiaires et tous ont pris l’occasion de m’indiquer combien ils avaient apprécié leur passage au cabinet malgré que leur candidature n’ait pu être retenue; j’ai toujours été fier de ces commentaires que je ne sollicitais pas et qui m’étaient faits avec enthousiasme et conviction.

D’anciens stagiaires sont aujourd’hui devenus juges à la Cour supérieure et à la Cour du Québec et, invité à de nombreuses assermentations, j’ai été à même de constater que ces nouveaux juges se réclamaient avec fierté d’un stage chez Bélanger Sauvé.

À l’inverse, je n’ai pas souvenir qu’un ancien stagiaire m’ait fait part ou qu’a été portée à ma connaissance une insatisfaction quant à la qualité du stage fait chez nous, non plus que de la qualité des relations interpersonnelles qui se sont tissées alors.

Le cabinet et moi-même tirons une grande fierté de ce qui précède et qui reflète une réalité qui ne s’est jamais démentie.